Les immigrants et la syndicalisation
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est heureuse de l'arrivée de plus en plus grande de personnes provenant de pays autres dans notre région. Leur venue ajoute d'une façon remarquable à la diversité et à la qualité de nos communautés. L'arrivée de ces nouveaux immigrants, tout comme le déplacement de personnes immigrantes de la métropole vers notre région, constituent une réalité stimulante pour notre développement collectif.
Les principaux pays d'origine de ces immigrants sont la France, l'Italie, les États-Unis, Haïti et la Belgique. Par ailleurs, rappelons que la région de Joliette accueille principalement des réfugiés, surtout en provenance d'Amérique du Sud. Leur intégration se réalise surtout à Joliette. Dans toute la région, comme réfugiés ou non, il y a environ 8 000 personnes de ces communautés qui ont choisi Lanaudière ces dernières années. Mais leur nombre n'augmente pas rapidement (de 335 entre 1996 et 2001 par exemple).
La venue de ces personnes immigrantes dans notre région implique un certain nombre de défis.Un des enjeux fondamentaux demeure l'intégration des personnes immigrantes à l'extérieur des grands centres. Cela nécessite que les différents partenaires se concertent et multiplient leurs efforts.
Un autre défi relève de l'intégration dans les milieux de travail. Après avoir vécu des situations d'oppression ou de déficit démocratique parfois important dans leur pays d'origine, les nouveaux arrivants hésitent, dans certains cas, à s'impliquer syndicalement. L'accompagnement de ces gens commande donc un effort particulier de la part des dirigeants syndicaux. Cela peut s'effectuer par du parrainage, de la formation, la francisation, des accommodements religieux ou des politiques d'accès à l'égalité.
En ce qui concerne l'intégration en milieu de travail plusieurs lieux ont été l'objet de réussite ces dernières années. Par contre, le fait que quelques employeurs organisent des navettes entre Montréal et leur usine installée dans notre région chaque matin et chaque soir ne garantit pas de très bonnes conditions d'intégration dans le milieu. De plus, nous devons constater que le chômage est trois fois plus important pour les personnes immigrantes dans la région par rapport au reste de la population lanaudoise. Par contre, leur revenu moyen, dû notamment à une scolarité relativement élevée est supérieur à la moyenne régionale.
La francisation des immigrants est un autre défi pour la collectivité. Faute d'avoir un grand volume de personnes immigrantes, les cours de francisation ne sont pas toujours disponibles dans des délais rapprochés de leur arrivée. Cela constitue un frein important à l'intégration dans la mesure où Lanaudière est très largement francophone.
Défi supplémentaire pour les personnes immigrantes dans la région comme ailleurs, est la reconnaissance des formations acquises à l'étranger. Les solutions à ce chapitre ne peuvent venir que du gouvernement, mais force est de constater que cette problématique constitue un frein majeur à l'intégration des nouveaux arrivants.
Enfin l'attitude des communautés d'accueil doit évoluer dans un esprit d'acceptation des différences pour combattre des éléments de discrimination. Le débat sur les accommodements raisonnables peut être utile dans la mesure où le respect et la modération sont au rendez-vous.
Bref, l'intégration des personnes immigrantes dans la région de Lanaudière constitue, pour la CSN, un ensemble de défis importants mais combien stimulants pour notre avenir collectif. Dans un contexte mondialisé, de plus en plus «village planétaire», l'intégration de ces gens et de ces familles dans nos milieux de vie et dans nos milieux de travail est un enrichissement extraordinaire pour nous tous.
Syndicalement vôtre,
Daniel Tessier, président
Conseil central de Lanaudière
CSN